vendredi, avril 13, 2007

Il est des jours, des nuits, des temps Où je me sens lasse, vieille, usée Fatiguée de la méchanceté des gens De l'ignorance, celle des autres, de mon passé. Je suis venue, j'ai vu, j'ai fait ce que j'ai pu, On m'a battue, pendue, mordue, conspuée; Je pense n'avoir pas trop mal services rendu, Enseigné, guéri, pansé, aimé. Que faire de plus, que dire, que montrer Que donner de plus, parler, agir Dois-je demeurer, subir, pâtir Ou continuer, marcher, monter. Qui a haï, trahi, hélas le sera Celui qui poison a donné, infligé Douleur subira, par elle mourra Il en est ainsi hors toute volonté Tourner une page, regarder le Sage Admirer lune et soleil, mirer l'Éveil Reposer pensée, dompter, quitter mirage Apaiser le souffle, purifier la vue, l'Esprit en veille. Jamais la main fermée ne sera, ni aujourd'hui ni demain Mon attention ira vers les autres, amis et ennemis Le regard sur moi plus ne se tournera, mais vers demain S'éveillera et se dirigera sans répit. Il est des jours, des nuits, des temps Où je me sens lasse, vieille, usée Fatiguée de la méchanceté des gens De l'ignorance, celle des autres, de mon passé. Et pourtant sans cesse je reviendrai Pour les autres, pour tous, pour une, je mourrai Car au fond de moi, au cour de mes souhaits Il n'est d'autre but plus grand que je chérirai.

Musique aux éternels murmures,

Ô violon au son d’émeraude et d’azur,

Qui sonne comme la vie dure,

Frappant d'invisibles armures.

Mer vive ainsi que les ramures

Qui tressaillent au printemps pur.

Musique aux éternels murmures,

Violon au son émeraude et d'azur.

Les archers que des mains eurent,

Insondable et limpide mur,

Sont dans mon cœur qui, jamais sûr,

Attend les tempêtes futures.

Chanson aux éternels murmures