Dis leur.
Ils nous ont eus
Les véritables murs ne sont pas dehors
Ils sont en nous
Dis leur
Qu’il ne faut jamais
Etre à l’intérieur d’un mur
Dis leur
Qu’il ne faut jamais
Bâtir un mur autour de soi
Surtout quand celui là est absent
Dis leur
Que les murs ne sont pas des lieux sûrs
Et s’il fallait que quelque chose tombe
Qu’il soit mon âme
Ici,
Nombreux ceux qui me haïssent
Et grand l’amour que je leur éprouve
Et s’il fallait que quelque chose s’envole
Qu’il soit cet oiseau
Tout en haut du toit de ma maison
S’il fallait que quelque chose se brise
Qu’il soit cela le commencement
S’il fallait que quelque chose s’effrite
Qu’il soit le rêve de ce mur
Noir comme le temps
Et s’il fallait que quelque chose demeure
Qu’il soit cette fraternelle blessure
Au plus profond de ma gorge
Dis leur
Que le vent claque notre porte
Au plus profond de la nuit
Dis leur
Que ce n’est rien
Que le bruit de nos chaînes
Dis leur
Que c’est notre vie
Que c’est notre mort
Dis leur
Que c’est pour toi
Que j’écris maintenant ces vers
Derrière les barreaux
Du dessous d’un mur
Ces vers qui viennent de je ne sais d’où
L’amour à l’intérieur
Dis leur
Que ce ne sont pas des roses de deuils
Ni ce feu qu’ils ont nourri au fond d’eux-mêmes
Ni les larmes d’une bête en désespoir
Dis leur
Que c’est notre propre feuille de route
Une série d’images que nous allons prendre
Avec nous
Quand nous partons
Dis leur
Que peu importe
Que nous allions à pas sûrs
Droit vers notre propre drame
L’écriture n’est-elle pas le parfait mensonge
Comme la mort est la parfaite vérité ?
Le monde n’est-il autre
Que le miroir sage de nous-mêmes ?
mercredi, octobre 11, 2006
Le vent, c’est lui
Qui connaît ma douleur
Qui m’a appris le mouvement
Et comment remuer le sable de mes mains
Pour déterrer toutes les humiliations
Quand ma source se sera desséchée
Il n’y aura plus de lumière
Dans les cavernes de mes mains
Et l’oiseau ne pourrait avoir les traits
De mon visage.
Ton absence est le secret de mon sourire
Et la phrase de ton amour
Est empli du temps infini
Le néant sublime
Quelque part
Je me battais contre des rochers
Et à chaque instant
Le miroir reflète un autre visage
Si mes yeux n’avaient pas vu la mouvance
Des dunes
Si mes yeux n’avaient pas vu la lune
Je pourrais y croire
Croire que je suis un diable
Jouant une burlesque scène en harmonie
Entre le sable et les symboles
Tu peux arracher trois plumes
Rien de plus
Malgré l’obscurité
Qui envahit mes mains
Se jeter dans la nuit
Est ma dernière scène
La mort après
Ce qui est important c’est
Ecrire des poèmes
Ecrire des poèmes n’est pas important
Ce qui est plus important
C’est cette errance au creux de ta main
L’errance dans le creux de ta main
N’est pas aussi important
Ce qui est important c’est l’abîme
De l’interrogation
Se leurrer
Tromper ta tombe jusqu’au mystère
Ne rien entendre
Rien de mes soupirs
Aux seuils de la froideur
Je te réponds par mes cauchemars
Ils sont mes refrains
Je peux les égrener
Quant le ciel est bleu
Pour me dire que j’ai un corps
Qui marche quand je marche
Qui court quand je cours
Qui saute quand je saute
Qui frissonne quand je frissonne
Le vent, c’est lui qui connaît ma douleur
C’est lui qui m’a appris le mouvement
Et comment remuer le sable
Pour déterrer toutes les humiliations
Et comment disparaître dans la source
De mes mains.
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