Dis leur.
Ils nous ont eus
Les véritables murs ne sont pas dehors
Ils sont en nous
Dis leur
Qu’il ne faut jamais
Etre à l’intérieur d’un mur
Dis leur
Qu’il ne faut jamais
Bâtir un mur autour de soi
Surtout quand celui là est absent
Dis leur
Que les murs ne sont pas des lieux sûrs
Et s’il fallait que quelque chose tombe
Qu’il soit mon âme
Ici,
Nombreux ceux qui me haïssent
Et grand l’amour que je leur éprouve
Et s’il fallait que quelque chose s’envole
Qu’il soit cet oiseau
Tout en haut du toit de ma maison
S’il fallait que quelque chose se brise
Qu’il soit cela le commencement
S’il fallait que quelque chose s’effrite
Qu’il soit le rêve de ce mur
Noir comme le temps
Et s’il fallait que quelque chose demeure
Qu’il soit cette fraternelle blessure
Au plus profond de ma gorge
Dis leur
Que le vent claque notre porte
Au plus profond de la nuit
Dis leur
Que ce n’est rien
Que le bruit de nos chaînes
Dis leur
Que c’est notre vie
Que c’est notre mort
Dis leur
Que c’est pour toi
Que j’écris maintenant ces vers
Derrière les barreaux
Du dessous d’un mur
Ces vers qui viennent de je ne sais d’où
L’amour à l’intérieur
Dis leur
Que ce ne sont pas des roses de deuils
Ni ce feu qu’ils ont nourri au fond d’eux-mêmes
Ni les larmes d’une bête en désespoir
Dis leur
Que c’est notre propre feuille de route
Une série d’images que nous allons prendre
Avec nous
Quand nous partons
Dis leur
Que peu importe
Que nous allions à pas sûrs
Droit vers notre propre drame
L’écriture n’est-elle pas le parfait mensonge
Comme la mort est la parfaite vérité ?
Le monde n’est-il autre
Que le miroir sage de nous-mêmes ?
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