mercredi, octobre 11, 2006

DIS LEUR

Dis leur. Ils nous ont eus Les véritables murs ne sont pas dehors Ils sont en nous Dis leur Qu’il ne faut jamais Etre à l’intérieur d’un mur Dis leur Qu’il ne faut jamais Bâtir un mur autour de soi Surtout quand celui là est absent Dis leur Que les murs ne sont pas des lieux sûrs Et s’il fallait que quelque chose tombe Qu’il soit mon âme Ici, Nombreux ceux qui me haïssent Et grand l’amour que je leur éprouve Et s’il fallait que quelque chose s’envole Qu’il soit cet oiseau Tout en haut du toit de ma maison S’il fallait que quelque chose se brise Qu’il soit cela le commencement S’il fallait que quelque chose s’effrite Qu’il soit le rêve de ce mur Noir comme le temps Et s’il fallait que quelque chose demeure Qu’il soit cette fraternelle blessure Au plus profond de ma gorge Dis leur Que le vent claque notre porte Au plus profond de la nuit Dis leur Que ce n’est rien Que le bruit de nos chaînes Dis leur Que c’est notre vie Que c’est notre mort Dis leur Que c’est pour toi Que j’écris maintenant ces vers Derrière les barreaux Du dessous d’un mur Ces vers qui viennent de je ne sais d’où L’amour à l’intérieur Dis leur Que ce ne sont pas des roses de deuils Ni ce feu qu’ils ont nourri au fond d’eux-mêmes Ni les larmes d’une bête en désespoir Dis leur Que c’est notre propre feuille de route Une série d’images que nous allons prendre Avec nous Quand nous partons Dis leur Que peu importe Que nous allions à pas sûrs Droit vers notre propre drame L’écriture n’est-elle pas le parfait mensonge Comme la mort est la parfaite vérité ? Le monde n’est-il autre Que le miroir sage de nous-mêmes ?

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